{"id":1539,"date":"2024-08-04T16:38:24","date_gmt":"2024-08-04T14:38:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.paris-jardins.fr\/?page_id=1539"},"modified":"2024-12-10T14:13:28","modified_gmt":"2024-12-10T13:13:28","slug":"histoire-ahpj","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.paris-jardins.fr\/index.php\/histoire-ahpj\/","title":{"rendered":"Histoire AHPJ"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"1539\" class=\"elementor elementor-1539\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-a16c34f e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"a16c34f\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-acfe85b elementor-widget elementor-widget-spacer\" data-id=\"acfe85b\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"spacer.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-spacer\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-spacer-inner\"><\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-0479201 e-grid e-con-full e-con e-child\" data-id=\"0479201\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-fb16851 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"fb16851\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<h4>DE DRAVEIL et de\u00a0 LA CITE COOPERATIVE PARIS-JARDINS<\/h4><h5 class=\"font_7\">Par Jacques Mac\u00e9<\/h5><p class=\"font_7\">d\u2019apr\u00e8s l\u2019ouvrage\u00a0Histoire d\u2019un Domaine,\u00a0publi\u00e9 en 1984 par la soci\u00e9t\u00e9 des\u00a0Amis de l\u2019Histoire de Paris-Jardins,\u00a0avec son aimable autorisation.<\/p><div id=\"comp-ih6n6p04\" class=\"_1Z_nJ\" data-testid=\"richTextElement\"><p class=\"font_7\">En retrait du boulevard Henri Barbusse et face aux tilleuls de l\u2019Avenue Marcellin Berthelot, l\u2019\u00e9l\u00e9gante fa\u00e7ade d\u2019un ch\u00e2teau du XVIII\u00e8me\u00a0si\u00e8cle s\u2019abrite derri\u00e8re une haute grille que le visiteur n\u2019ose franchir. Parmi les Draveillois, beaucoup ignorent que ce ch\u00e2teau fut sous l\u2019Ancien R\u00e9gime celui du Seigneur de Draveil, avant de conna\u00eetre au XX\u00e8me\u00a0si\u00e8cle une exceptionnelle histoire, \u00e0 l\u2019origine de son nom actuel.<\/p><h5 class=\"font_7\">Il y a longtemps<\/h5><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Au Moyen-\u00c2ge, la p<a href=\"http:\/\/cites-jardins\/\">lus grande partie des terres de Draveil appartena<\/a>it\u00a0\u00e0 des communaut\u00e9s religieuses. Aux XV\u00e8me\u00a0et XVI\u00e8me\u00a0si\u00e8cles, elles sont rachet\u00e9es par des propri\u00e9taires priv\u00e9s qui constituent plusieurs grands domaines. Le plus important est appel\u00e9 le fief de Br\u00e9ban et permet \u00e0 son propri\u00e9taire d\u2019exercer les droits f\u00e9odaux dans la paroisse de Draveil. Il est constitu\u00e9 des terres situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 du village et de l\u2019\u00e9glise, tandis que les prairies inondables du bord de Seine appartiennent \u00e0 une autre propri\u00e9t\u00e9, dite Marcenou et aujourd\u2019hui disparue.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0Au XVIII\u00e8me\u00a0si\u00e8cle, le fief de Br\u00e9ban va prendre le nom de ch\u00e2teau de Draveil lorsqu\u2019un fermier g\u00e9n\u00e9ral nomm\u00e9\u00a0Marin de la Haye\u00a0en fait l\u2019acquisition et reconstruit l\u2019ensemble des b\u00e2timents pour y \u00e9tablir une agr\u00e9able r\u00e9sidence de campagne. N\u00e9 en 1684, Marin de la Haye appartient \u00e0 une famille de petits employ\u00e9s de la \u00a0\u00bb Ferme\u00a0\u00bb (c\u2019est-\u00e0-dire la perception privatis\u00e9e des taxes et imp\u00f4ts royaux) et, \u00e0 la troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, il acc\u00e8de avec fiert\u00e9 au statut envi\u00e9 de fermier g\u00e9n\u00e9ral. Il en existe seulement quarante en France.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Marin ach\u00e8te en 1720 le fief de Br\u00e9ban et l\u2019agrandit en 1726 lors du d\u00e9mant\u00e8lement du fief de Marcenou. Il entreprend imm\u00e9diatement la construction du ch\u00e2teau, consacrant beaucoup d\u2019argent \u00e0 satisfaire ses go\u00fbts luxueux de parvenu. Les paysans et vignerons de Draveil sont vivement impressionn\u00e9s par cette d\u00e9bauche de d\u00e9penses et ils en d\u00e9duisent que leur nouveau seigneur est un homme important. D\u2019ailleurs, Marin de La Haye fait b\u00e9n\u00e9ficier la paroisse de ses lib\u00e9ralit\u00e9s, plus par souci de para\u00eetre que par simple g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Le ch\u00e2teau est constitu\u00e9 d\u2019un corps central assez imposant, flanqu\u00e9 de deux ailes. Le grand salon donne \u00e0 la fois sur une vaste Cour d\u2019Honneur du c\u00f4t\u00e9 du village et sur une longue esplanade descendant vers la Seine. Il est magnifiquement d\u00e9cor\u00e9 de grandes glaces, de corniches dor\u00e9es et de chemin\u00e9es sculpt\u00e9es dans le plus pur style Louis XV. Le b\u00e2timent central comporte deux \u00e9tages dont l\u2019un mansard\u00e9 et il est surmont\u00e9 d\u2019un fronton. Les toits d\u2019ardoises \u00e0 la\u00a0Mansart\u00a0contribuent \u00e0 la beaut\u00e9 de l\u2019ensemble.\u00a0<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0 Chambre d\u2019apparat, salle \u00e0 manger, chapelle, rien ne manque pour permettre au seigneur de Draveil de tenir son rang. Du balcon du salon, on contemple le parc de styleLe Notre, termin\u00e9 par deux pavillons en rotonde portant le nom de\u00a0Lanternes\u00a0et dont l\u2019une, maintes fois restaur\u00e9e, existe toujours.<br \/>\u00a0\u00a0 Trois grandes pi\u00e8ces d\u2019eau, agr\u00e9ment\u00e9es de cascades et de grottes en rocaille, compl\u00e8tent l\u2019ensemble. Elles sont aliment\u00e9es par les eaux de la for\u00eat de S\u00e9nart qui s\u2019\u00e9coulent encore de nos jours sous l\u2019Or\u00e9e de S\u00e9nart et l\u2019avenue Berthelot par des canalisations en terre cuite tri-s\u00e9culaires.<br \/>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Marin de La Haye d\u00e9c\u00e8de en octobre 1753, laissant le domaine \u00e0 sa veuve qui, jusqu\u2019en 1776, veille \u00e0 la pr\u00e9servation de ses droits sur ses sujets de Draveil.<\/p><h5 class=\"font_7\">Draveil en R\u00e9volution<\/h5><p class=\"font_7\">Au d\u00e9c\u00e8s de Marie-Edme de Saint-Mars, veuve de Marin de La Haye, le domaine est acquis par un cousin \u00e9loign\u00e9,\u00a0Jean Ducros de Belbeder, qui meurt le 08 juillet 1789, six jours avant la prise de la Bastille. Le ch\u00e2teau est alors achet\u00e9 par un certain\u00a0Jean-Fran\u00e7ois B\u00e9rard, \u00e9galement acheteur de biens nationaux, qui concilie fort bien ses int\u00e9r\u00eats personnels et la manifestation d\u2019un enthousiasme r\u00e9volutionnaire. Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019une attitude r\u00e9pandue \u00e0 Draveil o\u00f9 la municipalit\u00e9 organise de grandioses c\u00e9r\u00e9monies r\u00e9publicaines en l\u2019honneur de Marat ou Danton et, plus discr\u00e8tement, accueille des \u00e9migr\u00e9s revenus clandestinement en France.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0La famille B\u00e9rard traverse donc la tourmente r\u00e9volutionnaire sans dommage au point que Gabriel B\u00e9rard est nomm\u00e9 maire de Draveil au printemps 1800. Il ne le reste cependant que six mois car Bonaparte, Premier Consul, ne tarde pas \u00e0 remettre de l\u2019ordre dans l\u2019administration communale et fait nommer maire de Draveil un brave cultivateur, Louis Beaupied, dont les convictions r\u00e9publicaines semblent plus affirm\u00e9es.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0Les B\u00e9rard se d\u00e9sint\u00e9ressent alors de leur domaine de Draveil et le vendent \u00e0 un bourgeois parisien du nom de\u00a0Desmanots\u00a0qui ne le conserve que trois ans. A partir du Premier Empire et pendant un si\u00e8cle, des notables, pour certains c\u00e9l\u00e8bres, vont faire du ch\u00e2teau de Draveil leur r\u00e9sidence de campagne, \u00e0 seulement cinq lieues de la capitale.<\/p><h5 class=\"font_7\">Le temps des notables<\/h5><h6 class=\"font_7\">Daniel Parker<\/h6><p class=\"font_7\">En 1803, le ch\u00e2teau de Draveil devient la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019un aventurier am\u00e9ricain du nom de\u00a0\u00a0qui a fait fortune dans le commerce des armes et des farines (les secondes pouvant dissimuler les premi\u00e8res) durant la guerre d\u2019ind\u00e9pendance des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. Il est ami de Georges Washington, Thomas Jefferson, et bien sur du marquis de La Fayette. Ainsi, lorsque La Fayette se casse la cuisse dans une mauvaise chute de cheval en 1804, il vient passer sa convalescence \u00e0 Draveil chez son ami Parker.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0 \u00a0 Daniel Parker m\u00e8ne grand train de vie et, durant l\u2019Empire, son ch\u00e2teau devient un point de rendez-vous pour les riches Am\u00e9ricains qui visitent la France ou r\u00e9sident \u00e0 Paris. Les f\u00eates qu\u2019il y donne sont longuement cont\u00e9es dans les\u00a0Gala\u00a0fran\u00e7ais ou am\u00e9ricains de l\u2019\u00e9poque. Parker est \u00e9galement tr\u00e8s g\u00e9n\u00e9reux avec la commune.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0Mais en 1815, apr\u00e8s Waterloo, le ch\u00e2teau est occup\u00e9 par les troupes russes qui y commettent des d\u00e9gradations. Les affaires de Parker vont mal et en 1819 il est ruin\u00e9. Le ch\u00e2teau de Draveil est vendu aux ench\u00e8res et devient la propri\u00e9t\u00e9 de William Courtenay, 9e\u00a0comte de Devon, passant des mains d\u2019un Am\u00e9ricain \u00e0 celles d\u2019un Anglais.<\/p><h6 class=\"font_7\">Lord Courtenay<\/h6><p class=\"font_7\">Lord Courtenay appartient \u00e0 une vieille famille de la noblesse anglaise, mais il a jug\u00e9 utile de mettre une certaine distance entre lui et la justice de Sa Majest\u00e9 britannique, \u00e0 la suite d\u2019affaires o\u00f9 il aurait \u00e9t\u00e9 un peu trop\u00a0gay, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019Angleterre ne plaisantait pas avec ce genre de situation (les temps changent !). Courtenay vit luxueusement \u00e0 Draveil mais se sent peu concern\u00e9 par la vie locale.<\/p><p class=\"font_7\">Il reste cependant une trace importante de son passage puisqu\u2019il a fait apposer sur la grille de la Cour d\u2019Honneur du ch\u00e2teau un beau blason repr\u00e9sentant les armes qu\u2019il avait adopt\u00e9es. Entre deux sangliers dress\u00e9s sur leurs pattes arri\u00e8re, on peut lire un bandeau portant la devise : \u00ab\u00a0Ubi lapsus, Quid feci\u00a0\u00bb (O\u00f9 est la faute, Qu\u2019ai-je fait?). Honni soit qui mal y pense. Par testament, Lord Courtenay l\u00e8gue le ch\u00e2teau \u00e0 son majordome, qui s\u2019empresse de le vendre \u00e0 une personnalit\u00e9 fran\u00e7aise beaucoup plus recommandable, D\u00e9sir\u00e9 Dalloz.<\/p><h6 class=\"font_7\">D\u00e9sir\u00e9 Dalloz<\/h6><p class=\"font_7\">Le nom de Dalloz est bien connu de tous les juristes puisque\u00a0\u00a0est l\u2019auteur de quarante-quatre volumes de jurisprudence et que les Recueils Dalloz, \u00e9dit\u00e9s par la Maison du m\u00eame nom, constituent toujours la Bible des \u00e9tudiants en droit. Dalloz a quarante-deux ans lorsqu\u2019il ach\u00e8te Le Ch\u00e2teau de Draveil en 1837. Conseiller municipal de Draveil, il met ses connaissances \u00e0 la disposition de la commune. Il c\u00e8de \u00e0 titre gratuit un droit de passage sur ses terres pour un chemin menant directement de l\u2019\u00e9glise de Draveil au passage de la Seine, amorce de notre boulevard du G\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. Mais \u00e0 partir de 1848 la sant\u00e9 de D\u00e9sir\u00e9 Dalloz se d\u00e9grade et il ne vient gu\u00e8re plus \u00e0 Draveil. En 1854, il vend sa propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 Charles Seguin.<\/p><h6 class=\"font_7\">Charles Seguin et sa veuve<\/h6><p class=\"font_7\">Ce Seguin n\u2019a rien de commun avec celui qui, vingt ans plus tard, inspirera \u00e0 un autre Draveillois, Alphonse Daudet, une histoire de ch\u00e8vre. Il est l\u2019un des cinq fr\u00e8res Seguin, originaires d\u2019Annonay, dont le nom est attach\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire industrielle de notre pays. En particulier, les Seguin sont concepteurs et constructeurs de ponts suspendus et de locomotives. Leur nom est associ\u00e9 au d\u00e9veloppement des chemins de fer.<\/p><p class=\"font_7\">Charles Seguin n\u2019a gu\u00e8re le temps de laisser sa marque \u00e0 Draveil puisqu\u2019il meurt, sans enfant, moins de deux ans apr\u00e8s l\u2019achat, laissant le ch\u00e2teau \u00e0 sa veuve. Pendant plus de 25 ans, Madame Seguin vit seule \u00e0 Draveil, se livrant \u00e0 de bonnes \u0153uvres, marraine de la nouvelle cloche de l\u2019\u00e9glise Saint-R\u00e9mi, soutenant le parti du Cur\u00e9 oppos\u00e9 aux id\u00e9es trop avanc\u00e9es de la municipalit\u00e9.<\/p><p class=\"font_7\">En 1870, le ch\u00e2teau est de nouveau occup\u00e9, comme en 1815, mais par les Prussiens cette fois. En 1871, Madame Seguin y installe une ambulance pour les bless\u00e9s de guerre, avec l\u2019aide du c\u00e9l\u00e8bre docteur Rouffy. Le ch\u00e2teau est vendu en 1882.<\/p><h6 class=\"font_7\">Les Laveissi\u00e8re<\/h6><p class=\"font_7\">Le nouveau propri\u00e9taire,\u00a0, appartient \u00e0 une famille d\u2019Auvergnats qui d\u00e9butent par le commerce de la ferraille et montent \u00e0 Paris, o\u00f9 ils d\u00e9veloppent de multiples activit\u00e9s commerciales. Ils sont surtout int\u00e9ress\u00e9s par les droits de chasse en for\u00eat de S\u00e9nart li\u00e9s \u00e0 la possession du ch\u00e2teau, mais cherchent aussi \u00e0 faire de leur propri\u00e9t\u00e9 un point de ralliement pour de grande r\u00e9unions familiales agr\u00e9ment\u00e9es de repr\u00e9sentations th\u00e9atrales. Ils modifient la physionomie du ch\u00e2teau en reliant les deux ailes, du c\u00f4t\u00e9 de la cour d\u2019honneur, par une galerie couverte surmont\u00e9e d\u2019une terrasse. Cette pi\u00e8ce qui constitue aujourd\u2019hui le vestibule d\u2019entr\u00e9e porte toujours le nom de salle Laveissi\u00e8re.<\/p><p class=\"font_7\">Jules Laveissi\u00e8re d\u00e9c\u00e8de d\u00e8s 1885 mais sa veuve et ses trois fils continuent \u00e0 animer la vie du ch\u00e2teau jusqu\u2019en 1905. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de\u00a0, ses fils s\u2019en d\u00e9sint\u00e9ressent et d\u00e9cident de le vendre. Le domaine est alors scind\u00e9 en deux parties. Les soixantes-dix hectares de terres agricoles en bord de Seine, exploitables en sabli\u00e8res, sont vendus en 1910 \u00e0 un consortium form\u00e9 de la\u00a0Compagnie des Sabli\u00e8res\u00a0de la Seine, de la soci\u00e9t\u00e9 Morillon-Corvol et de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Extraction et de Transport des Mat\u00e9riaux. Le mobilier du ch\u00e2teau est dispers\u00e9 aux ench\u00e8res. Quant au ch\u00e2teau et \u00e0 son parc de quarante-deux hectares, ils vont conna\u00eetre une extraordinaire destin\u00e9e qui se poursuit de nos jours.<\/p><h5 class=\"font_7\">La Cit\u00e9 Coop\u00e9rative de Paris Jardins<\/h5><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0La transformation de Paris sous le Second Empire a entrain\u00e9 une profonde modification sociale. Les classes populaires ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es dans les arrondissements p\u00e9riph\u00e9riques o\u00f9 elles vivent souvent dans des taudis et des conditions sanitaires pr\u00e9caires. Sur un mod\u00e8le import\u00e9 de Grande-Bretagne o\u00f9 le ph\u00e9nom\u00e8ne est encore plus marqu\u00e9 qu\u2019en France, na\u00eet l\u2019id\u00e9e de construire des \u00ab\u00a0villes \u00e0 la campagne\u00a0\u00bb, cr\u00e9\u00e9es dans un esprit mutualiste par des ouvriers et petits employ\u00e9s. Ainsi se forme, \u00e0 l\u2019initiative d\u2019hommes qui ont pour noms Albert Meyer, Pernet, Filderman, le projet d\u2019une cit\u00e9-jardin \u00e0 la fran\u00e7aise sous le nom de Cit\u00e9 Coop\u00e9rative de Paris-Jardins. Ces fondateurs sont directement inspir\u00e9s par les principes du socialisme, et en particulier ceux du socialisme utopique, et r\u00eavent de mettre en place un ensemble communautaire, mais il faut noter que les statuts de la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative ne feront jamais r\u00e9f\u00e9rence explicite \u00e0 aucune activit\u00e9 de caract\u00e8re politique. Il reste d\u2019ailleurs \u00e0 trouver un site pour r\u00e9aliser le projet.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0Il appara\u00eet bient\u00f4t que le parc du ch\u00e2teau de Draveil, si proche de la gare de Juvisy, constitue un lieu id\u00e9al. Et quel r\u00eave pour des ouvriers de Belleville ou de M\u00e9nilmontant de devenir propri\u00e9taires d\u2019un ch\u00e2teau ! N\u00e9anmoins, les discussions avec les h\u00e9ritiers Laveissi\u00e8re sont difficiles et durent pr\u00e8s de deux ans. Il faudra d\u2019ailleurs que la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative utilise un pr\u00eate-nom pour signer l\u2019acte de vente, les Laveissi\u00e8re r\u00e9pugnant \u00e0 apposer leur nom sur le m\u00eame parchemin que des prol\u00e9taires ! Enfin, le 30 ao\u00fbt 1911, les coop\u00e9rateurs de Paris-Jardins deviennent propri\u00e9taires du domaine et peuvent prendre possession des lieux.\u00a0\u00a0de lotissement original est dessin\u00e9 par un jeune \u00ab\u00a0architecte g\u00e9nial\u00a0\u00bb, Jean Walter, aujourd\u2019hui bien connu. Il pr\u00e9voit la construction de quelque trois cents pavillons tout en m\u00e9nageant les perpectives autour du ch\u00e2teau et de la Lanterne et en respectant les mouvements du terrain et les zones boiss\u00e9es en sorte d\u2019\u00e9viter toute monotonie. Une vaste campagne d\u2019affichage pour le recrutement de coop\u00e9rateurs est lanc\u00e9e. Le bouche \u00e0 oreille dans les ateliers et les commerces fonctionne bien et les premier adh\u00e9rents sont en majorit\u00e9 des employ\u00e9s de commerce et des ouvriers qualifi\u00e9s ou contrema\u00eetres. Les premiers pavillons de meuli\u00e8re, modestes mais caract\u00e9ristiques du style de l\u2019\u00e9poque, ne tardent pas \u00e0 sortir de terre.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0Mais Paris-Jardins n\u2019est pas une simple copropri\u00e9t\u00e9. Les membres doivent \u00eatre admis par le conseil d\u2019administration de la cit\u00e9; ils ne peuvent poss\u00e9der plus d\u2019un lot et doivent adh\u00e9rer \u00e0 une charte interdisant la sp\u00e9culation; ils ne peuvent revendre leur pavillon, \u00e0 prix co\u00fbtant, qu\u2019\u00e0 un nouveau membre accept\u00e9 par la Cit\u00e9. Il est \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 une entreprise de b\u00e2timent en autogestion pour r\u00e9aliser les travaux de construction. Cependant, la guerre de 1914 va porter un coup d\u2019arr\u00eat au d\u00e9veloppement de la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative.<\/p><h5 class=\"font_7\">Paris-Jardins de 1920 \u00e0 nos jours<\/h5><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0La relance du projet en 1919 est difficile. Les probl\u00e8mes financiers sont nombreux, les frais d\u2019entretien du Ch\u00e2teau \u00e9lev\u00e9s. Il faut r\u00e9aliser les r\u00e9seaux d\u2019assainissement, d\u2019eau courante, bient\u00f4t d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 et les fonds manquent. Or, les coop\u00e9rateurs s\u2019\u00e9taient battus pour que les Laveissi\u00e8re ne d\u00e9montent pas et n\u2019emportent pas les superbes boiseries Louis XV du grand salon. Pour sauver le reste, la Cit\u00e9 doit se r\u00e9soudre \u00e0 vendre ces boiseries \u00e0 un collectionneur am\u00e9ricain qui les offre au Mus\u00e9e de Philadelphie o\u00f9 le salon est reconstitu\u00e9 sous le nom de\u00a0Draveil Room. Beaucoup plus tard, les soci\u00e9taires r\u00e9tabliront dans le salon du ch\u00e2teau une d\u00e9coration en stuc inspir\u00e9e des boiseries initiales. C\u2019est la raison pour laquelle ce salon est aujourd\u2019hui appel\u00e9\u00a0Salle Philadelphie.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0La construction de la Cit\u00e9 est pratiquement termin\u00e9e en 1930. Une vie sociale extr\u00eamement importante s\u2019y d\u00e9veloppe sous forme d\u2019activit\u00e9s th\u00e9\u00e2trales, de soir\u00e9es, de f\u00eates enfantines, l\u2019orangerie du ch\u00e2teau \u00e9tant transform\u00e9 en salle de spectacle (c\u2019est aujourd\u2019hui le cin\u00e9ma draveillois del\u2019Orangerie). Des\u00a0P\u00e9jistes\u00a0participent \u00e9galement \u00e0 la vie municipale de Draveil, animant les listes d\u2019opposition socialiste ou communiste aux diff\u00e9rentes \u00e9lections municipales de cette p\u00e9riode. A partir de 1925, la vie de la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative est fort agit\u00e9e et les P\u00e9jistes se scindent en deux clans. Certains veulent maintenir la puret\u00e9 des intentions initiales, r\u00e9aliser tous les travaux en autogestion, maintenir les r\u00e8gles anti-sp\u00e9culatives. D\u2019autres militent pour la transformation des statuts et le recours \u00e0 des entreprises priv\u00e9es. Un proc\u00e8s donnera raison aux seconds en 1928 et, pendant des ann\u00e9es, certains administrateurs se verront reprocher d\u2019avoir trahi la fraternit\u00e9 coop\u00e9rative, mais bient\u00f4t la majorit\u00e9 s\u2019efforcera de r\u00e9tablir l\u2019harmonie et la paix dans la Cit\u00e9.<\/p><p class=\"font_7\">Dans la seconde partie du XX\u00e8mesi\u00e8cle, Paris-Jardins devient une cit\u00e9 calme, cossue dont la composition sociologique a bien \u00e9volu\u00e9 depuis l\u2019\u00e9poque de ses concepteurs. Nombre de pavillons d\u2019origine ont \u00e9t\u00e9 agrandis ou remplac\u00e9s par de plus confortables villas. N\u00e9anmoins la Cit\u00e9 reste diff\u00e9rente d\u2019une copropri\u00e9t\u00e9 classique puisque chaque propri\u00e9taire doit \u00eatre obligatoirement porteur de la part sociale de la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative attach\u00e9e \u00e0 son lot et que le conseil d\u2019administration de la Cit\u00e9 joue \u00e0 la fois le r\u00f4le d\u2019un syndic et d\u2019un conseil syndical. La vie sociale est toujours assez intense \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la cit\u00e9 : deux associations,\u00a0Culture et Loisirs de Paris-Jardins\u00a0et\u00a0Les Amis de l\u2019Histoire et du Patrimoine de Paris-Jardins, organisent r\u00e9unions ou sorties r\u00e9serv\u00e9es aux P\u00e9jistes et conf\u00e9rences, spectacles, expositions ouverts \u00e0 tous les Draveillois, dans les salons du ch\u00e2teau. Le club de tennis est \u00e9galement tr\u00e8s actif.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0L\u2019entretien du ch\u00e2teau constitue une lourde charge pour les soci\u00e9taires. A certaines \u00e9poques, il a \u00e9t\u00e9 envisager de le raser ou de le vendre \u00e0 la municipalit\u00e9 pour y implanter la mairie. A chaque fois, le P\u00e9jistes se sont mobilis\u00e9s pour conserver \u00ab leur ch\u00e2teau \u00bb. Le premier \u00e9tage a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en appartements pour loger des P\u00e9jistes trop \u00e2g\u00e9s pour entretenir un pavillon ou des proches. Les salons sont mis en location pour des r\u00e9unions priv\u00e9es, mariages, etc. (\u00a0possibilit\u00e9 ouverte \u00e0 tous de se marier dans un authentique cadre Louis XV\u00a0).<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0\u00a0Paris-Jardins a eu chaud \u00e0 au moins deux reprises : d\u2019abord en 1957 quand le projet d\u2019installation d\u2019une centrale \u00e9lectrique thermique au charbon \u00e0 l\u2019emplacement de la fouille Laveissi\u00e8re, en contrebas du Domaine, a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 de justesse; puis en 1969 quand il fut envisag\u00e9 de d\u00e9congestionner le centre de Draveil en faisant passer une voie rapide \u00e0 travers la Cour d\u2019Honneur de Paris-Jardins et l\u2019avenue Marcellin Berthelot.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0Mais aujourd\u2019hui la fouille Laveissi\u00e8re est devenue la Base de Loisirs du Port aux Cerises et le classement r\u00e9cent de Paris-Jardins en Zone de Protection du Patrimoine Architectural et Urbain (ZPPAU) assure d\u00e9finitivement la pr\u00e9servation de l\u2019ensemble, tout en permettant de b\u00e9n\u00e9ficier de subventions ou m\u00e9c\u00e9nats pour l\u2019entretien du ch\u00e2teau et du parc.<\/p><p class=\"font_7\">\u00a0\u00a0En 1984, un groupe de P\u00e9jistes, anim\u00e9 par l\u2019historien Serge Bianchi, a entrepris de reconstituer l\u2019histoire du Ch\u00e2teau de Draveil et de conter l\u2019\u00e9pop\u00e9e de la Cit\u00e9 Coop\u00e9rative dans un riche ouvrage, intitul\u00e9\u00a0\u00a0\u00bb Histoire d\u2019un domaine\u00a0\u00a0\u00bb (disponible \u00e0 l\u2019Office de Tourisme de Draveil et au secr\u00e9tariat de Paris-Jardins T\u00e9l: 01 69 42 30 22 ). Nous vous en conseillons la lecture si vous souhaitez en savoir plus sur l\u2019exceptionnelle histoire de ce lieu\u2026 ou si vous r\u00eavez d\u2019en devenir soci\u00e9taire\u2026<\/p><\/div>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DE DRAVEIL et de\u00a0 LA CITE COOPERATIVE PARIS-JARDINS Par Jacques Mac\u00e9 d\u2019apr\u00e8s l\u2019ouvrage\u00a0Histoire d\u2019un Domaine,\u00a0publi\u00e9 en 1984 par la soci\u00e9t\u00e9 des\u00a0Amis de l\u2019Histoire de Paris-Jardins,\u00a0avec son aimable autorisation. 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